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Les équipes conformité n’ont jamais été aussi sollicitées. Entre l’évolution des réglementations, le traitement des signalements, les formations, les évaluations des risques et les nombreuses obligations de reporting, les responsabilités s’accumulent. Pourtant, dans de nombreuses organisations, les effectifs et les budgets peinent à suivre.

Cette pression se retrouve dans les résultats de l’enquête réalisée en amont du webinaire État des lieux des risques et de la conformité en 2026. Parmi les plus de 1 100 responsables des risques et de la conformité interrogés, 38 % citent l’augmentation des responsabilités sans ressources supplémentaires parmi les principales difficultés rencontrées au cours des douze derniers mois. Aucun autre enjeu interne n’est mentionné aussi souvent.

Face à ce constat, une question se pose : comment améliorer l’efficacité d’un programme de conformité lorsque les moyens restent limités ?

Ce que recouvre réellement la conformité en entreprise

La conformité en entreprise repose sur un ensemble de dispositifs qui permettent de traduire les obligations légales et réglementaires en pratiques concrètes au quotidien. Politiques internes, formations, dispositifs d’alerte, enquêtes, documentation et mécanismes de contrôle contribuent ensemble à orienter les comportements et à encadrer les activités de l’organisation.

Mais la conformité ne se limite pas à l’application de règles établies. Elle doit constamment s’adapter aux nouvelles réalités de l’entreprise, aux évolutions réglementaires et aux risques émergents. L’essor de l’intelligence artificielle en est une illustration récente. Selon une enquête NAVEX, 38 % des répondants indiquent que leur équipe conformité est fortement impliquée dans les décisions liées à l’utilisation de l’IA au sein de leur organisation. Dans les faits, cela se traduit souvent par la création de nouvelles politiques, le déploiement de formations spécifiques et la mise en place de mécanismes de supervision adaptés.

Cette dynamique dépasse largement le seul sujet de l’intelligence artificielle. Chaque nouveau risque, chaque évolution des activités ou des processus de l’entreprise vient s’ajouter aux responsabilités déjà existantes. Les priorités se multiplient, mais les enjeux historiques ne disparaissent pas pour autant.

Quand la pression sur les effectifs révèle les failles des processus

Les programmes de conformité les plus matures sont souvent ceux qui disposent des ressources les plus importantes. Dans notre récente enquête, les professionnels interrogés issus d’organisations dotées d’équipes conformité plus étoffées évaluent généralement leur programme comme plus mature que ceux travaillant au sein de structures aux effectifs plus réduits.

Un constat plus surprenant apparaît toutefois lorsque l’on s’intéresse aux perspectives budgétaires. Les programmes les moins avancés, souvent les plus modestes en taille, sont aussi ceux qui suscitent le plus d’optimisme. Une proportion nettement plus importante des répondants ayant évalué leur programme comme peu mature prévoit une augmentation d’au moins 10 % de son budget annuel consacré à l’éthique et à la conformité.

Les résultats de l’enquête suggèrent que ces organisations identifient plus facilement les limites de leurs processus et parviennent davantage à justifier la nécessité d’investir. Dans les structures les plus petites ou les moins matures, les points de friction sont souvent plus visibles et plus simples à démontrer. Autrement dit, la pression exercée sur les effectifs tend à mettre en lumière les faiblesses organisationnelles.

Les chiffres vont dans ce sens. Plus d’un tiers des répondants (34 %) citent les difficultés de coordination entre les différentes fonctions de l’entreprise parmi leurs principaux défis. Près d’un tiers (32 %) évoquent également des processus trop manuels ou des limites technologiques. Derrière ces résultats se dessinent des problématiques bien connues : workflows fragmentés, responsabilités mal définies, tâches en doublon, manque de visibilité sur les indicateurs clés ou encore surcharge de suivi administratif. Des difficultés qui ne concernent pas uniquement les petits programmes, mais l’ensemble de la fonction conformité.

Face à ces défis, les responsables conformité disposent néanmoins de plusieurs leviers d’action. Voici cinq pratiques qui peuvent vous aider à renforcer l’efficacité et l’impact de votre programme.

1er levier : prioriser les risques pour concentrer les efforts là où ils comptent

Un programme de conformité efficace repose avant tout sur une approche fondée sur les risques. L’objectif est simple : orienter les ressources disponibles vers les domaines qui présentent les enjeux les plus importants pour l’organisation, qu’il s’agisse de certaines fonctions, zones géographiques, tiers ou obligations réglementaires.

Or, les résultats de l’étude montrent qu’il existe encore une marge de progression significative dans ce domaine. Seuls 24 % des répondants considèrent leur processus d’évaluation des risques comme réellement efficace. Un constat qui souligne l’importance d’affiner les priorités plutôt que de chercher systématiquement à augmenter les effectifs.

2e levier : fluidifier la gestion des politiques et des formations

Tous les collaborateurs n’ont pas les mêmes besoins ni les mêmes obligations au même moment. Les programmes les plus performants adaptent les formations et les campagnes d’attestation aux différents publics tout en automatisant les tâches répétitives lorsque cela est possible.

Si 76 % des organisations déclarent disposer d’un programme de formation à l’éthique et à la conformité, 32 % ne mesurent pas l’efficacité de leur gestion des politiques. Pourtant, le suivi d’indicateurs tels que les taux de participation, les attestations complétées ou l’engagement des collaborateurs permet d’ajuster les actions au bon moment et de limiter les interventions correctives par la suite.

3e levier : standardiser le traitement des signalements et des enquêtes

Le traitement de chaque signalement ou incident comme un cas totalement unique mobilise inutilement du temps et des ressources. La mise en place de processus standardisés permet au contraire d’améliorer à la fois l’efficacité opérationnelle et la cohérence des décisions.

Cela concerne l’ensemble du cycle de traitement : réception des signalements, catégorisation, escalade vers les équipes concernées, conduite des enquêtes et clôture des dossiers. Une approche structurée contribue également à renforcer la confiance dans le dispositif grâce à des délais de traitement plus courts et des résultats plus homogènes.

4e levier : utiliser la technologie pour réduire les tâches administratives

L’automatisation ne remplace pas le jugement humain. En revanche, elle permet aux équipes conformité de consacrer plus de temps aux activités à forte valeur ajoutée.

Rappels automatiques pour les formations et attestations, workflows de traitement des signalements, tableaux de bord consolidés, accès aux politiques selon les rôles ou encore gestion centralisée des obligations sont autant de fonctionnalités qui réduisent la charge administrative au quotidien. Les équipes peuvent ainsi se concentrer sur l’analyse des risques, les investigations et les actions correctives plutôt que sur le suivi manuel des processus.

5e levier : mesurer les points de rupture avant qu’ils ne deviennent critiques

Un tableau de bord ciblé peut aider les équipes à évaluer rapidement l’efficacité de leur programme et à communiquer clairement sur ses performances à partir d’indicateurs concrets. Parmi les mesures les plus utiles figurent le nombre d’attestations en retard, le volume d’enquêtes en attente, les délais de clôture des dossiers ou encore le taux de signalements fondés.

Ces indicateurs permettent d’identifier les points de fragilité du programme et les domaines dans lesquels des ressources supplémentaires ou des améliorations de processus pourraient avoir le plus d’impact.

Abstract image featuring curved and straight orange lines on a black background, creating a dynamic pattern resembling waves or tracks that converge and bend toward the upper left corner.

Améliorer son programme avant d’augmenter les effectifs

Si les effectifs constituent un facteur important de maturité, ils ne sont pas le seul indicateur de performance d’un programme de conformité. Pour les équipes disposant de ressources limitées, des améliorations ciblées comme la réduction des interventions manuelles, une répartition plus claire des responsabilités, une meilleure adhésion des parties prenantes, des procédures d’escalade plus cohérentes ou encore un reporting plus pertinent peuvent produire des résultats significatifs.

Un examen attentif du fonctionnement de votre programme révèle souvent de nombreuses possibilités d’optimisation. Autant de leviers qui permettent de gagner en efficacité, d’améliorer les résultats et, concrètement, d’en faire plus sans mobiliser davantage de ressources.

Évaluez la maturité de votre programme

Participez à notre webinaire État des lieux des risques et de la conformité (sous-titré en français) pour découvrir notre dernier rapport et bénéficier de l’analyse d’experts qui vous aideront à situer votre programme par rapport à plus de 1 100 organisations à travers le monde.